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jeudi 14 janvier 2016

Un rêve sans conséquence spéciale


Mardi 15 septembre 2015, restaurant Asia, Neukölln Arcaden, Berlin
      
Nous ne sommes pas à Neukölln par simple hasard - à Berlin non plus d'ailleurs - mais parce que les choses se sont déroulées ainsi, à la manière d'un fil d'Ariane qui se serait naturellement dévidé.
Nous échouons donc dans un centre commercial usagé, dans ce quartier, Neukölln, que nous découvrons véritablement cette année. Échouer n'est pas exagéré en ce milieu d'après-midi où nous "déjeunerons" une fois de plus à une heure très espagnole, pour M. d'un sempiternel sandwich jambon/fromage et pour moi d'un tout aussi sempiternel plat asiatico-exotique d'origine assez vague, genre soupe poulet aux nouilles et aux légumes wokés dont je ne me lasse pas.
Au Neukölln Arcaden et plus particulièrement au restaurant-snack Asia, service au comptoir - le bien nommé - c'est la pause casse-croûte des arpenteurs que nous sommes devenus. L'heure avancée nous permet, en fond de salle, d'éviter un peu le bruit de fond méli-mélo qui règne dans les coursives du bâtiment de quatre étages, plus terrasse...
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Nous ne sommes pas au Neukölln Arcaden par hasard... le prétexte sera le sujet d'un billet à venir, un jour.
L'endroit nous avait été indiqué quelques jours auparavant. Attirés par des endroits peu fréquentés, parfois éphémères, nous étions à la recherche de librairies susceptibles d'avoir un rayon, même très modeste, de livres en français. Au hasard de nos tribulations sur la toile, M. avait déniché une adresse dans le quartier de Neukölln, Selchower Straβe. Le nom de la librairie était déjà une invitation, Pequod Books - Pequod, le nom du bateau dans Moby dick - "second-hand bücher in mehr als 15 sprachen" comme il est écrit sur la carte.



Mercredi 9 septembre 2015, Pequod Books, Neukölln, Berlin

La librairie, deux pièces de taille moyenne. Un mobilier restreint, une table/bureau/caisse/poste informatique dans une pièce et  un canapé vert jaune - tilleul très soutenu - dans l'autre. Aux murs, du sol au plafond des rayonnages et des livres, des livres... soigneusement rangés, classés, en bon état. Un endroit où l'on se sent de suite chez soi - d'ailleurs tandis que M. parcourt sitôt entrée les rayons, je resterais un long moment quasi affalé sur le canapé dans une contemplation muette des dos de tous ces livres.
M. achète "Tout peut arriver" de Jonathan Tropper. Et puis nous échangeons quelques mots avec le jeune libraire, très sympa, en un savant dosage d'anglais, d'allemand et de français - il se débouille pas mal du tout, nous... moins bien - et c'est là que la discussion vient sur Berlin, le quartier de Neukölln, des choses à voir, ce centre commercial pas si anodin que ça - il nous crayonne un vague plan d'une vague direction de la zone où il se trouve. Au moment de partir je lui demande la permission de le photographier. Il se place à côté d'une image d'une très grande bibliothèque américaine, c'est la seule image - sous un simple sous-verre/pinces Aclé -  qui orne son mur.
Il s'appelle Álvaro Seudra González, il est espagnol, sa librairie existe depuis 2012, il vient en 2015 d'ouvrir la deuxième pièce. Une belle rencontre.


Mercredi 9 septembre 2015, Álvaro Seudra González-Pequod Books, Neukölln, Berlin


vendredi 8 janvier 2016

Big dream


Vendredi 20 octobre 2015, Carrer dels Tallers, Barcelone
       
Quartier El Raval.
Quelques jours de marche dans cette ville devenue mégalopole et la fatigue survient. 
Le regard ne suit plus très bien - c'est pourtant dans ces instants en quasi perte de contrôle du réel que l'on fait parfois les choses les plus intéressantes... ou jugées telles par la suite. Il erre ici où là, un bruit le distrait, une couleur l'éblouit, une lumière et c'est le début d'une histoire. 
Le nez au vent, remontant la carrer dels Tallers, je bute littéralement sur une "structure" construite avec des canettes usagées dont l'assemblage révèle un message subliminal - aujourd'hui encore, je m'y reprends à deux fois pour être certain de ne pas m'égarer dans sa lecture - plus efficace que n'importe quel cryptogramme. J'avoue que la photographie en noir et blanc ne facilite pas la tâche. 
Il faisait un beau grand soleil ce matin-là...
           

dimanche 27 décembre 2015

Ce n'était pas l'été dernier


Mercredi 18 mars 2009, l'Adriatique entre Pescara et Rimini
          
Non ça n'était pas encore l'été, c'était même encore l'hiver. 
Je revenais d'Istanbul presque à dos d'âne. Le ferry m'avait largué à Ancône le matin même et de là j'avais rejoint directement la gare et pris un train pour Milan.
Le roulement lancinant du train avait remplacé le bruit des machines du ferry et je plongeais tout naturellement dans une sorte de somnolence éveillée tandis que le paysage, l'Adriatique que la voie ferrée longe à cet endroit à quelques dizaines de mètres à peine, quelque fois moins, défilait suffisamment lentement pour que je m'y intéresse malgré tout.
Je savais que le train passait à Rimini. Je ne connaissais pas - aujourd'hui non plus d'ailleurs - Rimini, mais je l'avais rencontré à la faveur d'un livre mêlant textes et photographies. Ce livre de G. Mora et C. Nori qui s'étaient partagés l'ouvrage - de même que les idées sous-jacentes - s'appelait "L'été dernier/Manifeste photobiographique" où C. Nori présentait, accompagnées d'un texte, des photos de Rimini. Ces photos, je les retrouverais un peu plus tard dans un autre ouvrage, "Un été italien", acheté pour trois cacahuètes chez un soldeur parisien, Mona Lisait, aujourd'hui disparu.
Alors, dans ce train, j'imaginais, je voyais l'été à Rimini. La réalité hivernale de la région s'accomodait mal des photographies d'insouciance non feinte de jeunes gens bronzés et rieurs que j'en connaissais.
Je rejoindrais Milan, ne pourrait prendre un train que pour Vintimille et puis un autre pour enfin arriver à Nice around midnight. Le lendemain serait un jour de grève nationale, le soleil brillerait et je continuerais encore un peu mon voyage photographique.
         

samedi 5 décembre 2015

A man I meet

Philippe Djian
Mercredi 24 juin 2015, Librairie 
Torcatis, Perpignan. 

mercredi 11 novembre 2015

Message personnel



Octobre 2015, France.
         

samedi 4 juillet 2015

Point de lendemain


Vendredi 26 juin 2015, Librairie Torcatis, Perpignan.
        
"... J'ai été la dernière et la première cliente de La Hune... Point de lendemain..."   S. C.
                      

dimanche 8 mars 2015

Clic Clac, merci Kodak !

       
Vendredi 7 février 2014, L'Escala.

Dimanche 23 février 2014, Perpignan.
         

mardi 27 janvier 2015

Nomadisme

           
Mardi 11 octobre 2011, Saint Cyprien.
      

Je lis/écris parce que je pense que cela a à voir avec ces deux photographies qui l'une sans l'autre ne mériteraient pas que l'on s'y attarde très longtemps... à moins de beaucoup aimer le bleu.

"... Le nomade se caractérisera donc par :
1- l'espace lisse et non strié (le désert);
2 - la ligne de fuite comme forme de la déterritorialisation;
3 - une vitesse, non mesurable, absolue, qui peut coïncider avec une immobilité... ;
4 - la machine de guerre extérieure à l'état..."
et puis encore :
"Les nomades sont toujours au milieu... Ils n'ont ni passé, ni avenir, seulement des devenirs. Ils n'ont pas d'histoire, seulement de la géographie"

in  Les cahiers de Noesis / le  vocabulaire de Gilles Deleuze
             

 

vendredi 9 janvier 2015

La lisière du cœur

        
Lundi 14 juillet 2014 16:56, Cases de Pène, Château de Jau.

Chaque année, ce château pinardier - le Jaja de Jau, appellation Ben contrôlée - disposant d'un espace d'art contemporain propre, organise l'été une exposition. Cette année étaient présentées, dans cette longère revisitée galerie d'art, des œuvres de Vincent (le père) et David (le fils) Bioulès.
Au sous-sol, classieuses et fraîches, les chiottes. Le revêtement en liège de l'une d'elles, ajouré façon bas-relief inversé portait quelques mots, un aphorisme dont on peut douter de la dédicace (le "A" qui précède "Proust" m'intrigue... mais l'art contemporain peut être traversé de fulgurances dont on peine parfois à discerner les objectifs) et une phrase périphérique, par endroit suffisamment effacée pour être devenue illisible, qui faisait référence à "la lisière du cœur"... et ces mots, si imprévus en ces lieux, m'ont touché.
         
         
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Ce billet était prêt avant que Charlie.... Je n'aurais pas eu le courage ni l'envie de l'écrire aujourd'hui, but "Life goes on..."
  

samedi 29 novembre 2014

Deux pas de côté

         
Il suffit de faire deux pas de côté.

Le poste frontalier franco-espagnol (Cerbère/Portbou) est désaffecté, abandonné à d'éventuels graffiteurs. Les bâtiments demeurent, inutiles. Aux vitres qui survivent de la cabine du terre plein central voisinent imperturbables, comme si le temps s'était arrêté, deux affiches d'avis de recherche. Photocopies de format A4, papier de mauvaise qualité, jauni, en certains endroits illisibles.

Avis de recherche.


L'une est rédigée en espagnol. Il apparaît qu'à l'origine, six personnes étaient recherchées. Trois d'entre elles semblent avoir été soit retrouvées et arrêtées, soit éliminées. Leurs visages et identités ont disparu, affiche découpée de fenêtres laissant voir le store vénitien de l'arrière-plan. Une élimination rédhibitoire. Il reste le visage d'une femme aux cheveux courts dont seuls les yeux sont visibles et ceux de deux hommes aux regards inquiets, apeurés. Ils sont probablement membres de l'organisation séparatiste basque ETA.

Deux pas de côté.


L'autre est rédigée en français. C'est le visage souriant d'une jeune fille. On recherche Emmanuelle. Ce seul prénom (parce qu'elle est mineure ?) suffit à mes yeux à évoquer tous les autres. Tous les autres disparus qui, sans que l'on n'en sache plus, se sont éclipsés plus ou moins définitivement.
Je pense à Franck Bertrand, sujet disparu du film "La Disparition" de Judith Cahen. Sa famille, longtemps après, attend toujours allant jusqu'à conserver un appartement qui serait, s'il revenait, son seul point de chute pour retrouver les siens. Je revisionne souvent ce film bouleversant.
Les disparus, que sont-ils devenus ? où sont-ils ?

(photographies jeudi 1er avril 2010, Cerbère/Portbou)
   

jeudi 27 novembre 2014

Je vous écris de Cefalù

  
Chère Françoise,

Vous avez récemment publié * sur votre blog, deux billets photographiques en référence à cet endroit, Cefalù. Je suis moi-même allé à Cefalù en juillet 1988, mais voilà, des activités multiples m'ont fait reporter de jours en mois puis en années de vous en rendre compte (cependant je crois me souvenir, mais la mémoire est quelquefois capricieuse, que la première photographie ci-dessous a été publiée je ne sais où... sur un de mes blogs, un de mes blogs disparus, un blog journal, un blog "collectif"... rien n'est sûr). Aujourd'hui, une météo peu clémente, un peu de courage, les souvenirs italiens ou siciliens étant toujours précisément présents et le plus souvent si doux, je ressors le compte-fil, les planches-contacts (il faudrait remettre le nez là-dedans, j'y trouverais des choses autobiographiquement intéressantes) mets en route le scanner (1988, année argentique !) et roulez carrosse...!

  
Beaucoup de temps s'est écoulé entre mon passage et le vôtre, les paysages ont sans doute changé, la vie des habitants aussi (je pense au tourisme qui n'a pas dû laisser cet endroit si paisible qu'il était), mais la lumière du soir est probablement la même, la mer est toujours là et les enfants continuent de jouer avec elle bien que leurs parents aient depuis freiné leurs ardeurs car dorénavant prévaut... le fameux principe de précaution !



Avec toutes mes excuses pour ce retard, mais qu'est-ce que vingt-six années ? je me fais un plaisir de vous transmettre les quelques photos ci-dessus/dessous qui rendent compte de mon passage à Cefalù (il y en a bien d'autres encore mais laissons-les reposer encore un peu). C'était le soir, cette année-là je voyageais avec Michel L. qui documentait un peu ses archives, alors que moi je n'avais, comme à l'accoutumée, aucun objectif précis. Nous traînions en bord mer, bientôt il ferait nuit. Dans une petite trattoria nous nous régalerions de spaghetti à l'assaisonnement divin. En sortant, il ferait nuit noire, ce serait le moment venu pour le clap de fin de cette journée.



Avec toute mon amitié.

Alain

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* http://www.francoise-poulin-jacob.com/article-sicilia-shooting-2-125034923.html
* http://www.francoise-poulin-jacob.com/article-sicilia-shooting-3-125056844.html
           

jeudi 13 novembre 2014

Mensonge

          
Dimanche 17 juin 2012, Berlin.
       

dimanche 19 octobre 2014

Time's up !

        
Jeudi 12 mars 2009, Thessalonique


Vendredi 13 mars 2009, Thessalonique

...Une nuit que je passe seul dans mon compartiment pour deux, un single en somme. De la place, un petit lavabo, une petite savonnette et rien que le bruit des boogies pour m'endormir - ceci se gâtera aux passages des frontières...
       

lundi 6 octobre 2014

A Whiter Shade Of Pale

      
Lundi 16 mars 2009, Istanbul.

Lundi 6 octobre 2014,
Peut-être  parce que "Winter Sleep" de Nuri Bilge Ceylan, peut-être. Peut-être parce qu'aujourd'hui j'achète "Neige" d'Orhan Pamuk, peut-être.
Alors je reprends des photographies faites en mars 2009 à Istanbul. Je n'étais pas resté très longtemps. Cinq jours pour l'aller, trois pour le retour, sans trop traîner en route, et cette ville au milieu. J'ai déjà montré certaines photographies, probablement les plus évidentes dont une de celles que je préfère depuis que je photographie, mais mon parcours de ces images a été superficiel. Certaines photographies laissées de côté, pour plus tard, quand les circonstances seraient moins favorables pour partir comme ça mine de rien sur des routes imprévues mais fatigantes. Bref !
J'avais passé la journée du côté de Kardıköy. Je me souviens du temps changeant, de la lumière devenant étrangement bleutée, faiblissant sous ce ciel qui s'assombrissait et annonçait des moments difficiles. Cela n'avait pas manqué lors de mon retour, sur le ferry qui me ramenait à Eminönü. L'émotion passée, j'avouerais qu'un orage comme ça sur le Bosphore, ça a de la gueule ! La mosquée de Süleymaniye m'était apparue brutalement lors de l'accostage à l'embarcadère. Du ferry, juste avant de descendre, j'ai fait cette photographie, cette seule photographie. La mosquée était là-bas bien après toutes ces guirlandes en farandoles de propagande, car visiblement des élections approchaient. Le paysage devant mes yeux échappait à la ville, il s'agissait d'autre chose que je ne saurais (d)écrire.

        

lundi 9 juin 2014

Clin d'œil au Grand Momo

        

Lundi 12 mai 2014.
      

lundi 10 mars 2014

#195 - Mademoiselle

     
  
Lundi 13 décembre 1982, Issy les Moulineaux.
J'ai eu des élèves. Ces années-là, ils avaient seize ou dix sept ans. Les milieux étaient souvent modestes. Leurs idées, peu indexées sur la sureté de leurs avenirs, partaient un peu dans tous les sens. Un brainstorming permanent qu'il fallait arriver à suivre. Épuisant et passionnant. Je m'aperçois aujourd'hui, qu'ils portaient en eux une forme de beauté bien particulière. Je ne dirai rien ou presque des années plus proches d'aujourd'hui. Les élèves ne l'étaient plus, leur âge et leurs parcours en avait fait des étudiants. Épuisant aussi, mais bien peu passionnant. Je ne sais pas s'ils étaient déjà, un peu comme moi, usés, par ce qu'eux ne faisaient plus, mais que moi je continuais à faire.
Je me souviens particulièrement bien de Mademoiselle N..